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   Le 01/07/07 à 20h11
Citer   

Sawt-Amaynu

Groupe: Visiteur

Inscrit le: 01/01/70
Message: 0
Il y a de cela fort longtemps, près de Tamegroute au sud de Zagora, habitait un certain Mohamed Bennacer. Cet homme vivait dans le dénuement et l’ascétisme propres aux vrais croyants de l’Islam, et on le vénérait comme “Marabout” [13].

Lorsqu’il mourut, sa réputation avait franchi les proches frontières qu’étaient le Haut Atlas et le désert du Sahara, et de nombreux voyageurs continuaient de se presser sur les lieux où il avait vécu, à faire pèlerinage à la koubba [14] que ses admirateurs avaient érigée sur son tombeau.

Le Marabout de Mohamed Bennacer était d’autant plus fréquenté qu’il se trouvait sur le chemin des caravanes qui, en cinquante-deux jours de chameau, de Zagora jusqu’à Tombouctou, suivaient des pistes invisibles. Ces pistes étaient de celles que seules trouvent les hirondelles ou les cigognes, qui ne laissent pas plus de trace dans l’azur que n’en laissent les caravanes dans les sables de l’erg.

Chargées de sel, de métaux et de tissus, les caravanes descendaient vers le sud et en ramenaient de l’or, des esclaves noirs et des plumes d’autruches.

Pour ces deux raisons - le marabout du saint et les pistes caravanières - un fondouq s’était installé, proche de la koubba de Si Mohamed Bennacer, où faisaient étape les caravanes et tous les voyageurs transitant par Tamegroute.

Outre l’hospitalité habituelle à tout caravansérail, le gîte et le couvert pour les hommes et les animaux, le fondouq de Tamegroute avait la réputation d’être un havre parfaitement sûr. En ces temps lointains, rien n’était sûr lors d’un voyage : les chemins dissimulaient leur lot de brigands capables de vous détrousser, les caravansérails leurs voleurs nocturnes, les souks leurs filous de toutes volées.

Le fondouq proche de la koubba de Si Mohamed Bennacer profitait vraisemblablement de la protection posthume du saint homme car nul, jamais, n’y avait été victime d’un vol. Et pourtant, les chefs caravaniers y faisant étape étaient parfois chargés de véritables fortunes.

Cette sécurité étonna tout d’abord les voyageurs quand ils se faisaient dépouiller partout ailleurs, les enthousiasma ensuite lorsqu’ils eurent compris qu’ils étaient sous la protection du saint, ce qui redoubla le nombre des visiteurs et la profondeur de leur piété. De toute évidence Si Mohamed Bennacer protégeait des voleurs, comme la poudre de chauve-souris des maux d’estomac.

Un homme cependant ne croyait nullement à cette supposée protection. Il se nommait Saïd et était voleur de son état.

Saïd était un voleur consciencieux, et ce lieu où se trouvaient réunis à intervalles réguliers autant de richesses fabuleuses était pour lui une véritable provocation à sa conscience professionnelle. Aussi préparait-il depuis longtemps un mauvais coup contre le fondouq de Tamegroute.

Il avait vu se répandre, avec satisfaction, la croyance selon laquelle le caravansérail était protégé par les mânes de Mohamed Bennacer. La rumeur attirait un grand nombre de voyageurs qui, aussitôt entrés dans la cour du fondouq, se sentaient en totale sécurité. Cette confiance satisfaisait le voleur qui comptait bien en tirer parti le jour où il déciderait d’entrer en action.

C’est sur le souk de Zagora, un mercredi, qu’il acheta une certaine liqueur à un apothicaire. L’éventaire, posé à même le sol et protégé du soleil par un carré de tissu tendu entre trois bâtons, présentait le minimum de ce que l’on s’attend à trouver sur un tel étalage. L’ambre gris aux vertus calmantes et aphrodisiaques y côtoyait la caroube favorable aux intestins. Le corail, traitement universel des faiblesses cardiaques, y voisinait avec la corne de rhinocéros génératrice de puissance sexuelle, avec le henné, le khôl, le musc, tout le nécessaire pour se maquiller ou parfumer, et avec les peaux de caméléons grâce auxquelles les filles retrouvent leur virginité. La poudre de belladone qui agrandit les yeux, y coudoyait le laxatif séné, nombre d’amulettes, de la cervelle de chacal séchée, de la poudre de scorpion, des philtres d’amour et des talismans de toutes compositions, toutes destinations et toutes couleurs.

Après de longues palabres visant à faire baisser le prix du produit qui lui était nécessaire, car Saïd considérait de son honneur de voleur de ne pas se faire voler, il acheta une fiole pleine d’un liquide huileux de teinte verdâtre aux puissantes propriétés soporifiques.

Revenir à Tamegroute lui prit la soirée ; Saïd était pauvre et se déplaçait à pied. Il était grand et sec comme tous les coureurs de pistes et marchait d’un pas léger. L’idée que bientôt il aurait tant d’argent à lui qu’il pourrait acheter le meilleur des chevaux rendait son pas plus léger encore.

La suite de son plan était simple : il se ferait admettre aux cuisines du caravansérail et attendrait son heure.

Ainsi, dès le lendemain, Saïd venait proposer ses services au propriétaire du fondouq. Le moment était bien choisi car une caravane remontant du sud saharien était attendue incessamment et le personnel, à cette occasion, devait être multiplié. Saïd fut donc embauché et affecté aux cuisines, ce qui lui agréait parfaitement.

Le loup était dans la bergerie, il ne lui restait plus qu’à patienter.

Le lendemain, en fin d’après-midi, un grand tumulte se fit au-dehors ; la caravane était annoncée dans le lointain et tout le monde sortit afin de jouir du spectacle que constituait son arrivée.

Saïd se planta comme les autres curieux sur le bord de la piste et regarda. Le reg [15] en cet endroit est plat et nu à perte de vue. D’abord, on ne vit rien, si ce n’est un nuage de poussière soulevée, là-bas, près de l’horizon, comme en font les prémices des vents de sable. Un long temps, le nuage sembla immobile, mais bientôt on put le distinguer plus nettement, et d’instant en instant les détails se précisèrent. Une longue file d’une centaine de dromadaires et d’un grand nombre d’hommes marchant à leur côté apparut de plus en plus nettement à mesure de leur approche. La poussière soulevée était empourprée par les rayons rasants du soleil proche de son coucher.

Bientôt, le bruit s’ajouta à la vue : martèlement de centaines de pattes des dromadaires lourdement chargés, cris brefs des chameliers houspillant les animaux éreintés, et ceux-ci, sentant l’approche de l’étape, blatérant de leurs voix rauques pour en saluer le proche repos.

Mais déjà les premiers éléments de la caravane étaient là, pénétraient dans la cour intérieure du fondouq accompagnés d’une puissante odeur de poussière et de suint et, après d’interminables et bruyants salamalecs, les hommes s’occupaient à faire baraquer [16] leur méhari [17] et les dromadaires de bâts qu’ils déchargeaient de leur faix.

C’est ce qui intéressait le plus Saïd qui désirait savoir où seraient rangés les trésors.

Un incident lui fut d’un inespéré secours : au moment où un chamelier déchargeait un bât, celui-ci versa et son contenu se répandit au sol. Un paquet recouvert d’un méchant tissu s’ouvrit, d’où s’échappèrent une dizaine de lingots d’or étincelant dans les derniers rayons du soleil. Saïd n’en croyait pas ses yeux. Le caravanier se hâta de remettre le paquet en place, mais Saïd ne quitta plus du regard ce bât qui fut placé avec les autres dans un coin de la cour, sous la garde de deux hommes armés de poignards et de moukhalas [18]. Apparemment, ils ne quitteraient pas cet endroit de la nuit. Saïd rentra alors aux cuisines et fit, du mieux qu’il le put et le cœur battant, ce qu’on lui commanda de faire.

Une grande salle avait été préparée pour restaurer tous ces hommes. Autour de petites tables basses et rondes, assis à même les tapis de haute laine multicolores, les chameliers dînèrent bruyamment. La caravane arriverait le lendemain à Zagora, son but, et chacun était heureux de se retrouver bientôt chez soi. De plus, la réputation du fondouq de Tamegroute où nul jamais n’avait été volé, leur faisait penser que plus aucun danger ne les menaçait.

Vint alors la dernière cérémonie du thé avant le coucher. Saïd avait proposé ses services pour assurer cette préparation.

Sur un plateau d’argent, il avait disposé les verres peints de motifs géométriques ou de fines arabesques. Près de lui, haut perché sur ses trois pieds ouvragés, un canoun [19] de cuivre ciselé, où brûlait du charbon de bois, portait une bouilloire en cuivre dans laquelle de l’eau chantait. Il s’était assis en tailleur devant le plateau et officiait lentement, presque religieusement. Il versa l’eau brûlante de la bouilloire sur le thé vert dans la théière d’étain, jeta cette première eau amère, ajouta des morceaux d’un pain de sucre, de la menthe, et compléta de nouveau avec de l’eau chaude. Un premier verre fut empli, en levant bien haut la théière comme il est de coutume de le faire pour que chante le thé dans le verre et s’exhale le parfum de la menthe. Il goûta ce premier résultat, reversa le contenu du verre dans la théière afin que le mélange fût parfait. S’assurant que nul ne le regardait, il ajouta au contenu de la théière celui de la fiole achetée à Zagora cachée au creux de sa main. Il emplit tous les verres se trouvant sur le plateau du liquide couleur d’ambre claire, toujours en levant très haut la théière.

Il commença alors la distribution des verres à tous les caravaniers, laissant derrière lui un frais sillage fleurant bon la menthe. Il sortit même dans la cour, s’approcha des hommes préposés à la garde des marchandises et leur tendit son plateau. Les deux hommes le remercièrent chaleureusement et commencèrent de siroter leur thé en aspirant bruyamment.

Saïd retourna aux cuisines. Il ne restait plus qu’à attendre que l’effet de la liqueur de sommeil se fît sentir. Il vit passer les chameliers, bâillant et titubant de fatigue, qui se dirigeaient vers leurs dortoirs.

Bientôt, là où peu de temps auparavant tout était bruit, il n’y eut plus que silence.

Le personnel des cuisines dîna après tous les convives, et Saïd leur prépara le thé avec les mêmes ingrédients, jusques et y compris la fin de sa fiole. L’effet sur ses compagnons marmitons fut le même que sur les chameliers, et en peu de temps tout le monde dormait dans le fondouq de Tamegroute comme dans le palais de la belle au bois dormant.

Saïd, de la soupente que lui avait attribuée le cuisinier, guettait la nuit de toutes ses oreilles. Sa crainte était qu’un homme ait échappé à sa distribution. Aucun bruit ne se faisait entendre. Il était tenté de se lever et d’agir tout de suite, mais se contraignit à attendre longtemps afin d’être certain que tout le monde était profondément endormi.

Enfin il n’y tint plus et se leva avec précaution. Il descendit en retenant son souffle, mais les ronflements qui venaient de tous côtés le rassurèrent sur la qualité du produit de l’apothicaire. Il déboucha dans la cour où l’on voyait comme en plein jour, la lune éclairant de toute sa clarté. Il n’était pas rassuré, car les deux hommes de garde n’étaient pas visibles. Comme il s’approchait à pas de loup, il entendit ronfler entre deux bâts et vit les gardiens allongés côte à côte, profondément endormis.

Il s’agissait de ne plus perdre de temps.

Avec assurance maintenant, tout en faisant très attention de ne faire aucun bruit, il s’approcha du paquet qu’il avait repéré à l’arrivée de la caravane, l’ouvrit et prit fébrilement quatre lingots d’or pâle, luisant sous la lune, qu’il lia ensemble de plusieurs brins de doum [20]. Il recommença l’opération avec quatre autres lingots. Il estimait ne pas pouvoir porter longtemps une charge plus lourde, et ces huit lingots représentaient une véritable fortune.

Saïd, un paquet de lingots sous chaque bras, prit alors la fuite.

Il sortit de la cour du fondouq et, s’orientant sur le ciel superbement étoilé, il partit en foulées légères malgré sa charge, en direction de l’est. Son intention était de courir ainsi toute la nuit, puis de se cacher dans la journée pour rejoindre en une dizaine d’étapes la région du Tafilalet, la grande et merveilleuse ville de Sijilmassa où il comptait établir sa fortune nouvelle. Quelques provisions emportées à la hâte au moment du départ, étaient serrées à sa ceinture et lui permettraient d’attendre la rencontre d’un village ou de quelque khaïma [21] de nomades à qui il achèterait des vivres.

Les premiers kilomètres lui furent légers ; les vingt-quatre kilogrammes d’or qu’il portait sous les deux bras ne lui étaient que charge de joie tant il était heureux d’avoir réussi. Il tenait à mettre entre ses futurs poursuivants et lui le plus de distance possible. Afin de mettre toutes les chances de son côté, il avait réfléchi au problème des empreintes qu’il pouvait laisser au sol. Les caravaniers, coureurs de déserts, étaient habiles à les déchiffrer. Il savait qu’il lui fallait passer le plus possible sur le reg, le terrain constitué de pierres, et le sol oublierait son passage comme celui du vent. Heureusement, la lune s’était faite sa complice, et il lisait son chemin comme en un livre ouvert.

La lune avait décrit un bon quart de son chemin dans le ciel lorsqu’il décida de s’arrêter, le temps de boire et manger légèrement afin de ne pas épuiser ses forces.

Il se sentit à nouveau prêt à repartir, mais les deux paquets d’or commençaient à lui peser dans chaque épaule, ses jambes commençaient de se faire lourdes. Il n’était pas question de se reposer, il repartit de sa longue foulée. Les heures qui suivirent le virent ralentir peu à peu sa course, peiner, puis souffrir. Mais il continuait à progresser vers l’est, mâchoires serrées, afin de mettre entre Tamegroute et lui le plus de distance possible avant l’aube.

Il marchait maintenant difficilement, chaque pas lui coûtant un douloureux effort. Enfin, totalement épuisé, il trébucha sur une pierre et tomba lourdement. Jugeant avoir parcouru une très grande distance il décida de ne pas se relever et resta étendu là, plaçant les lingots sous sa tête et, heureux malgré son extrême fatigue, il s’endormit.

Il rêva, durant cette trop courte nuit, qu’il avait atteint Sijilmassa, que sa demeure était un palais où de nombreux esclaves s’affairaient autour de lui, qu’il circulait dans les rues de la ville, salué avec respect et admiration par tous les passants.

Ce court moment de rêve fut le plus beau de sa vie.

C’est le bruit des chameaux blatérant qui le réveilla en sursaut.

Il s’assit et n’en crut pas ses yeux. Il se trouvait assis au beau milieu de la cour du fondouq. Incrédule, il pensa que son rêve se poursuivait en cauchemar. Mais la fraîcheur de l’air lui indiqua qu’il était bien éveillé. Là-bas, du côté de Sijilmassa, le soleil ne tarderait pas à se hisser au-dessus de l’horizon car déjà la nuit était moins noire et les hommes ne tarderaient pas à se lever.

A peine eut-il le temps de remettre les lingots à leur place. Son corps rompu par sa course nocturne lui prouvait qu’il n’avait pas rêvé sa fuite.

L’âme profondément meurtrie, il dut admettre que le fondouq de Tamegroute était bien sous la haute protection de Si Mohamed Bennacer, et il s’enfuit sans demander son reste.


[12] fondouq : auberge servant de caravansérail et d’entrepôt.

[13] Marabout : homme saint et, par extension, son tombeau.

[14] Koubba : Coupole et, par extension, le tombeau d’un marabout qu’elle recouvre..

[15] Reg : région pierreuse de désert, que l’on oppose à l’erg, région de dunes de sable.

[16] baraquer : s’agenouiller pour un chameau.

[17] Méhari : chameau de selle.

[1 8] Moukhala : fusil arabe.

[19] Canoun : brasero à charbon de bois.

[20] Doum : palmier nain avec la fibre duquel on fabrique des vanneries, des cordes, etc…

Jean-François Ricou

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   Le 01/07/07 à 20h48
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Sawt-Aqbur

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Messages: 147
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pas mal du tout !
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   Le 06/03/17 à 11h01
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Sawt-Acal

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Je vous félicite pour ces merveilleux partages. Continuez ainsi !
Amicalement



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