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Visiteur
   Le 24/06/07 à 15h04
Citer   

Sawt-Amaynu

Groupe: Visiteur

Inscrit le: 01/01/70
Message: 0
C’est à Agdz, entre Ouarzazate et Zagora, que naquit Brahim. Dès qu’ils le virent, son corps contrefait désespéra ses parents. Le pauvre nouveau-né était bossu.

Les parents de Brahim décidèrent de l’aller montrer aussitôt au sorcier guérisseur, qui exerçait ses talents dans une petite maison de terre de la palmeraie, au bord du Draa. Ce sorcier était connu dans la région pour sa faculté d’octroyer des dons aux nouveaux nés.

Lorsqu’il vit le pauvre petit bossu, il le prit dans ses mains et dit aux parents :

«- Je ne veux pas vous tromper, je ne vais pas pouvoir changer le corps de votre fils. Cependant je veux faire quelque chose pour lui.»

Il balança l’enfant à bout de bras, dansa avec lui en fredonnant durant quelques minutes, récita maintes incantations et lui fit absorber quelques gouttes d’une étrange mixture que le bébé avala en protestant. Après quoi il remit l’enfant aux bras de sa mère. «- Votre fils sera musicien, un fort bon musicien. Mais il ne devra jouer de sa musique que la nuit. Alors il n’aura que le bien et son entourage avec lui. Mais qu’il se garde de jouer le jour, car les catastrophes s’accumuleraient autour de lui. Qu’Allah le prenne en sa compassion ! »



Brahim grandit sans problèmes. Il était d’une intelligence plutôt au-dessus de la moyenne et semblait ne pas souffrir d’avoir le dos plus rond que les autres.



Un jour son père, revenant de la ville, l’appela auprès de lui et lui offrit une “guembri”, instrument à trois cordes pincées qui est la forme primitive du luth. Cette guembri était très belle, tout ouvragée, incrustée de marqueterie de bois précieux, et Brahim en tomba immédiatement amoureux. Son père lui répéta ce que le sorcier avait prédit lors de sa naissance, qu’il ne devait en jouer que la nuit mais surtout jamais le jour, sous peine de catastrophe apocalyptique.

Brahim ne se sentit pas de joie. Il attendit donc la nuit pour commencer son apprentissage, car il était très obéissant, et dès les premiers instants sut tirer de l’instrument d’agréables rythmes et mélodies. La guembri devint bientôt inséparable de Brahim. Même le jour, bien qu’il n’en jouât pas, il gardait l’instrument avec lui et le contemplait avec passion. Ce fut rapidement le meilleur joueur de guembri d’Ouarzazate à Zagora, et lorsqu’il en jouait, on s’aperçut rapidement que tout allait bien dans son entourage. Les rages de dents et les migraines disparaissaient comme par enchantement dès lors qu’il se mettait à pincer les cordes et les faisait vibrer d’une certaine façon, qui lui était propre. Il accompagnait généralement ses musiques de chants aux paroles improvisées sur les thèmes de la vie de tous les jours, de manière très spirituelle.

Lorsqu’il eut grandi, on le demanda de plus en plus souvent pour animer les fêtes dans les ksour ou les kasbahs [39] de la vallée du Draa. Il n’acceptait de venir chanter et jouer que durant les nuits, et ne donnait jamais d’explication quant au fait qu’il ne voulait pas se produire le jour.



Une nuit, alors qu’il égayait une kasbah de ses chants accompagnés, il vit entrer un vieillard dans la salle où se déroulait la fête. L’homme se dirigea vers lui et, lui mettant une main sur l’épaule, lui dit «- merci mon fils, tu viens de me rendre la santé. Qu’Allah vous protège, toi et les tiens. J’étais malade depuis des mois, couché sans force et je voyais déjà ma fin. Ce soir j’ai entendu ta musique, j’ai senti comme une grande vague monter en moi, et mes forces sont revenues. Vois, moi qui ne marchais plus depuis si longtemps, je marche sans fatigue aucune. Tu es un grand magicien».



La nouvelle courut tout le long de la vallée, aussi vite que le courant du fleuve. De ksar en kasbah, de kasbah en palmeraie, de palmeraie en souk et de souk en ksar, tous furent bientôt informés de la guérison du vieillard. Brahim était convié aux fêtes, il fut désormais appelé au chevet des malades. Chaque jour il recevait la visite de quelque habitant d’un ksar ou d’une kasbah voisine lui demandant de bien vouloir venir jouer la nuit près d’un malade. Brahim acceptait toujours avec plaisir. Il était heureux de pouvoir rendre la santé à ceux qui souffraient, au moyen de ce qui le passionnait le plus au monde : jouer de sa guembri. Lorsqu’il avait joué et chanté toute la nuit, la maladie fuyait le malade, et au matin celui-ci se sentait parfaitement frais et dispos.



Un jour, la fille du chef d’un ksar proche de Zagora tomba profondément malade, d’une grave maladie qu’aucun guérisseur n’était encore parvenu à juguler. Son père avait fait venir auprès d’elle les plus réputés marabouts de tout le sud, rien n’y faisait. A longueur de journées des récitants se relayaient dans la chambre de la jeune fille pour psalmodier des sourates [40]. Aucune amélioration ne venait la soulager. Le père finit par promettre qu’il donnerait sa fille à qui serait capable de lui rendre la santé.

C’est sur le souk d’Agdz que Brahim apprit la chose. On lui raconta toutes les tentatives du père pour sauver sa fille, dont on lui vanta la grande beauté.

Brahim se mit en route et arriva le lendemain au ksar où se trouvait la malade. Il demanda à voir le père et lui demanda s’il était vrai qu’il ait promis de donner sa fille à qui la guérirait. Le père hésita avant de répondre, à cause de la bosse que Brahim portait dans le dos, mais il ne voyait pas comment un pauvre musicien bossu pourrait faire mieux que tous les marabouts qu’il avait déjà vus. Il répondit donc qu’il était bien vrai qu’il l’eût promis. Brahim lui dit : «- Laisse-moi faire, demain ta fille sera rétablie et nous fêterons nos noces».

Il s’installa près de la malade et attendit la nuit. Effectivement, la jeune fille était ravissante malgré sa pâleur de cire et la fièvre qui la dévorait.



La nuit venue, Brahim accorda soigneusement son instrument et commença à chanter doucement en s’accompagnant sur les trois cordes de sa guembri. La jeune fille n’eut aucune réaction. Elle continuait à délirer et s’agiter. Il mit tout son cœur dans sa musique, s’appliqua à jouer comme il ne l’avait jamais fait, à faire donner à ses cordes ces fameuses vibrations qui leur étaient propres et faisaient son succès et sa renommée. La malade se calma doucement, s’apaisa et s’endormit d’un calme sommeil. Brahim continua de jouer et chanter toute la nuit, dosant la sonorité de l’instrument et le timbre de sa voix afin qu’ils fussent efficaces contre la maladie mais insuffisants pour éveiller la malade. Tout en jouant, il contemplait cette belle jeune fille si confiante dans son sommeil et peu à peu devenait très amoureux d’elle.

Au petit matin, la jeune fille ouvrit ses superbes yeux noirs, regarda autour d’elle avec étonnement et sourit à Brahim qu’elle découvrait à son chevet. Elle s’assit sur sa couche et réclama à manger. Brahim fit prévenir le père qui arriva, au comble de la joie. Sa fille était guérie, c’était un vrai miracle, il allait donner une forte récompense au musicien qu’il remerciait infiniment d’avoir sauvé son enfant, la joie de ses yeux. Brahim répondit qu’il ne désirait rien d’autre que le convenu, c’est-à-dire la main de sa fille, puisqu’il lui avait rendu la santé.

«- Toi, avoir la main de mon rayon de soleil ? T’es-tu regardé ? Où as-tu pris que je t’aurais promis ma fille si tu la guérissais ? Tu as dû rêver mon pauvre ami. Allons, je vais te payer et tu vas disparaître ou je te fais chasser à coups de bâton.

- Je ne veux d’autre paiement que celui qui m’est dû et que tu finiras par me donner», répondit le musicien en quittant la maison.



Il alla s’asseoir à l’ombre du mur du ksar et commença à jouer et chanter. C’était la première fois qu’il faisait de la musique en plein jour et se demandait quel allait en être le résultat.

Il n’eut pas longtemps à attendre.

Un premier criquet vint s’abattre près de lui. Un de ces criquets pèlerins qui remontent régulièrement du Sahara par vols qui en comptent des millions, dévorant toute végétation sur leur passage, ne laissant que désert et désolation. Un second fut bientôt là, un troisième et toute une innombrable suite s’abattirent autour de Brahim avec un bruit comme celui des grêlons d’orage. Le ciel s’était couvert de nuées d’insectes qui cachaient le soleil, ne laissant filtrer qu’un jour tamisé, irréel. Ils passaient comme d’énormes flocons volants et s’abattaient sur la moindre plante, la faisant disparaître en un clin d’œil avant d’aller plus loin dévorer quelque verdure encore indemne.

Brahim continuait de jouer et de chanter. Il improvisait sur le thème des sauterelles et de la trahison du père de la jeune fille. Il disait combien celui-ci allait être, par le fait de sa musique, bien puni, toutes les cultures alentour et qui disparaissaient à vue d’œil lui appartenant.



Le père était effectivement aux cent coups et se démenait pour tenter de faire fuir les criquets. De grands feux furent allumés afin que leur fumée chassât plus loin les hordes dévoreuses. Des branches de palmiers furent distribuées à tous pour écraser en les fouettant les sauterelles gloutonnes. Il s’en fit un véritable massacre, dont l’odeur fade et écœurante montait dans l’air. Rien n’y fit. Plus on en écrasait, plus il en arrivait. Bientôt les combattants baissèrent les bras, convaincus de l’inutilité de leurs efforts. Seul le père continuait de s’agiter vainement.

Il passa près de Brahim.

Celui-ci n’avait cessé de jouer et chanter. «- Tu ferais mieux d’aider à chasser cette peste qui nous tombe du ciel, dit-il au musicien, au lieu de chanter et de jouer de ton instrument.

- Donne-moi ta fille comme convenu et je m’arrêterai de chanter lui répondit Brahim. Dis un mot, et je me tairai, alors les sauterelles disparaîtront, car c’est mon chant qui les convoque au festin de tes cultures».

Le père haussa les épaules et s’en fut en grande agitation.

Tout le jour, les vagues de criquets vinrent tomber autour du ksar. A la nuit, Brahim s’arrêta de jouer et s’endormit.

Lorsque le jour pointa de nouveau à l’est, il reprit sa guembri et se remit à chanter. Les sauterelles envahirent le ciel, recommencèrent à se poser dans la palmeraie et à tout dévorer.



La jeune fille, parfaitement guérie maintenant, avait entendu les paroles improvisées par Brahim. Elle savait que c’était pour punir son père qu’il chantait et faisait venir les sauterelles. Ce musicien à la voix si chaude lui plaisait malgré son dos rond, et elle avait ressenti elle aussi au moment de sa guérison, cette vague de force et de chaleur qui l’avait envahie au rythme de la voix du musicien.

Elle alla trouver son père et lui dit que si les criquets s’étaient abattus sur leur ksar, c’était de sa faute, qu’il aurait dû tenir parole et la donner au musicien comme il l’avait promis du temps qu’elle était malade. Et que d’ailleurs ce musicien ne lui déplaisait pas tant que cela.

Le père tint bon toute la journée, ne voulant pas admettre sa défaite.

Lorsqu’il entendit, le lendemain matin, les premiers accords de la guembri de Brahim qui se remettait à chanter et qu’il vit au même moment arriver les premiers criquets du jour, il alla trouver le musicien et lui dit : «- Cesse un moment de jouer, afin de me prouver que c’est bien ta musique qui fait venir ces affamées, comme elle a guéri ma fille ! »

Brahim cessa de jouer, et les sauterelles cessèrent de tomber, puis le ciel s’éclaircit peu à peu. En un rien de temps, toutes avaient disparu. Le père de la jeune fille dut bien se rendre à l’évidence.

«- c’est peut-être le seul fait du hasard», essaya-t-il de discuter. Sans répondre, Brahim reprit son instrument et plaqua quelques accords.

«- Arrête, arrête, lui dit précipitamment le père, d’accord, je te donne ma fille, mais ne me joue plus jamais de ces tours-là».



Depuis, Brahim chante et joue de sa guembri la nuit et passe ses journées à admirer et aimer celle qu’il a guérie par sa musique et qui l’aime malgré sa bosse.


Jean-François Ricou

pm
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Dra
   Le 24/06/07 à 15h55
Citer   

Sawt-Axater

Groupe: Membre

Sexe:
Inscrit le: 15/04/07
Messages: 59
bessaha o raha i Brahim :D

Ce qu’on peut retenir de cette histoire c’est chacun obtiendra ce qu’il mérite malgré tout

Merci
____________________
akkizurgh à RBBI
pm
0%  
   Le 24/06/07 à 20h29
Citer   

Sawt-Amezzan

Groupe: Membre

Sexe:
Inscrit le: 20/03/06
Messages: 25
Lieu: montpellier
j'ai bien pri le temp de lire, comme dans toutes histoir de ce genre on finit par avoir ce que l'on desir. merci pour le sujet
____________________
fan de tinghir ma chere ville natale et d'un certain grand artiste Mister CHEB BILAL
[/url]
pm bilal34@hotmail.fr
0%  
   Le 25/06/07 à 20h28
Citer   

Sawt-Dunit

Groupe: Membre

Sexe:
Inscrit le: 01/12/06
Messages: 1251
salam
merci infiniment pour ce partage, c'est bien une belle histoire originale de la région du draa.
des belles notions a retenir.:top

pm
0%  
   Le 06/03/17 à 11h00
Citer   

Sawt-Acal

Groupe: Membre

Inscrit le: 27/08/15
Messages: 261
Merci pour ce beau partage


voyance par mail gratuit

pm
0%  

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