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» Une affaire d'escroquerie insolite.
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Depuis son jeune âge, Ali Karchi souhaite émigrer en France comme beaucoup de berbères de sa région. Né en 1972 à Tighssalin, dans la région de Khénifra, il laboure la terre qu'il a héritée de son père décédé quand il avait quarante jours. Son enfance et son adolescence sont vécues de façon normale par ce jeune fermier qui grandit avec l'illusion de vivre l'Eldorado européen.
Au milieu de son champ, il songe fréquemment à cette " belle vie ailleurs ", aux succès accumulés de l'autre côté de l'océan, à son retour au Maroc pour épouser et emmener sa belle dulcinée, restée à l'attendre au village. Jour après jour, son désir grandit tandis qu'il regarde partir beaucoup de jeunes de sa contrée en Europe.
Pourquoi donc pas lui ? Il en parle à son meilleur ami, Abderahim qui le met en contact avec une famille du village, qui a deux garçons Lhoucein et Mohamed, qui habitent la Hollande, et qui promettent de lui faire épouser une Hollandaise moyennant la somme de deux cents milles dirhams pour régler les frais du mariage. Ali vend deux hectares et demi de sa terre et remet en premier lieu, cent mille dirhams à ses nouveaux amis, en début de l'année 2001.
Il ne doit en parler à personne. Sa maman ne saisit pas pourquoi il faut garder secret ce mariage, contrairement à Ali, qui comprend la discrétion nécessaire dans ce genre de transaction. Tandis qu'il attend ses papiers de la Hollande pour solliciter le visa, il se lie d'amitié avec cette famille et subvient à leurs besoins, celle du père malade pour qui, il sent une grande tendresse, de la fille et du fils …
Souvent, Lhoucein qui se trouvait à ce moment au Maroc, accompagne Ali à Rabat pour légaliser des pièces administratives pour l'obtention du visa. Comme à l'accoutumée, dans ce genre de situation, les nombreuses tracasseries administratives font qu'à plusieurs reprises, ils retournent régler d'autres papiers qui manquent. Désespéré, Ali gaspille à chaque déplacement entre 5000 à 7000 dirhams.
Selon cet agriculteur, il a dépensé près de soixante mille dirhams entre la maladie du père, ses voyages à la capitale, les sorties et les dîners offerts en l'honneur de cette famille … Mais les mois passent et Ali ne reçoit aucune notification des autorités hollandaises. Il perd patience, devient nerveux, de mauvaise humeur et rouspète pour n'importe quoi. Ce n'est qu'après une année, que ce paysan reçoit la lettre attendue du Consulat hollandais avec le nom de Lhousein dessus.
Ce dernier l'accompagne à son rendez-vous et lui demande de raconter aux autorités hollandaises qu'ils se sont connus dans un mariage. Le fermier suit ses instructions croyant que son ami le cautionnerait jusqu'à son union avec la prétendue Hollandaise. En septembre 2002, notre Khénifri voyage à la ville de Deen Haag en Hollande avec Lhoucein et sa fiancée. Cette dernière lui voue dès le début une grande animosité qu'il ne comprend pas.
Trop souvent, elle lui répétait : " C'est à cause de toi que mon mariage a été retardé ". Débute alors pour lui, une vie difficile avec ses co-locataires qui lui recommandent de s'enfermer dans la maison et d'en connaître les moindres détails… Ali ne veut pas connaître les meubles et les ustensiles de la demeure mais plutôt rencontrer sa future femme. On lui raconte tantôt qu'elle est malade, tantôt qu'elle est en voyage. Un jour, son ami l'accompagne à la municipalité pour lui faire signer des papiers, prétendant qu'il s'agissait d'une simple formalité.
Après huit mois de " supplice", où on " oubliait " souvent de lui donner à manger, il quitte les lieux et cherche refuge dans la rue, dort sur les bancs des parcs et de jardins, etc. Après des semaines, il se lie d'amitié avec des membres de la communauté rifaine, qui l'aident à dénicher des petits métiers dans la clandestinité. Un jour, son ex locataire le contacte pour qu'il se présente au commissariat. Le 7 juillet 2002, il obtient une carte de séjour de trois semaines et attend près de 11 mois avant d'obtenir une résidence valide pour deux ans. Mais cette fois-ci, la police l'accompagne à la maison de Lhoucein, où Ali est supposé vivre. Elle le prie d'ouvrir la porte mais il n'a pas de clef.
Elle lui demande alors de leur montrer la cuisine, les assiettes qu'il utilise pour manger avec son ami, leur chambre à coucher, le lit où ils dorment, la couleur du slip de son " compagnon "… Ali s'énerve et ne comprend pas toutes ces questions indiscrètes. Les agents lui expliquent alors qu'il est courant d'interviewer les nouveaux couples mariés qui souhaitent légaliser leurs situations en Hollande. Etourdi, sous le choc, il n'en peut plus.
C'en est trop pour lui, il y a sans doute un malentendu: la police les aurait-elle confondus avec des gays ? Ce berbère du moyen Atlas a de grosses difficultés pour prononcer ce mot. Il sort de la maison et va s'asseoir sur un banc dans la rue. Dans le froid glacial de la ville, il comprend tardivement les silences, les regards, les doutes et les interrogations et la haine que lui voue la fiancée de Lhoucein…. " Je n'ai jamais entendu parler d'un homme qui obtient le visa en se mariant avec un autre ", assure-t-il. Ali va s'enquérir auprès du Consulat marocain, qui lui conseille de légaliser sa situation, pour porter plainte contre cette arnaque.
Aujourd'hui, de retour au Maroc, muni de sa carte de séjour, il souhaite se réinstaller de nouveau dans son pays, cultiver sa terre ou du moins ce qui en reste. " Je ne veux plus de ces papiers qui m'ont ouvert les portes de l'enfer et non de l'Eldorado ", confie Ali.
Tout son village connaît son histoire : Ali est blessé, il se sent diminué et sa dignité bafouée.
" C'est honteux. Ces gens ont bien ri de moi en me soutirant ainsi de l'argent ", affirme-t-il. Ce campagnard a déposé huit plaintes auprès du tribunal de première instance de Khénifra. " Je ne veux pas qu'une autre famille vive ce même calvaire. Ces hommes m'ont tué et m'ont sali", s'écrie-t-il.
Le procureur lui a demandé de ramener certaines preuves de la Hollande. Il repartira bientôt, décidé à " restituer son honneur ". La grande interrogation est : comment la justice marocaine va procéder dans ce contexte ?
Au milieu de son champ, il songe fréquemment à cette " belle vie ailleurs ", aux succès accumulés de l'autre côté de l'océan, à son retour au Maroc pour épouser et emmener sa belle dulcinée, restée à l'attendre au village. Jour après jour, son désir grandit tandis qu'il regarde partir beaucoup de jeunes de sa contrée en Europe.
Pourquoi donc pas lui ? Il en parle à son meilleur ami, Abderahim qui le met en contact avec une famille du village, qui a deux garçons Lhoucein et Mohamed, qui habitent la Hollande, et qui promettent de lui faire épouser une Hollandaise moyennant la somme de deux cents milles dirhams pour régler les frais du mariage. Ali vend deux hectares et demi de sa terre et remet en premier lieu, cent mille dirhams à ses nouveaux amis, en début de l'année 2001.
Il ne doit en parler à personne. Sa maman ne saisit pas pourquoi il faut garder secret ce mariage, contrairement à Ali, qui comprend la discrétion nécessaire dans ce genre de transaction. Tandis qu'il attend ses papiers de la Hollande pour solliciter le visa, il se lie d'amitié avec cette famille et subvient à leurs besoins, celle du père malade pour qui, il sent une grande tendresse, de la fille et du fils …
Souvent, Lhoucein qui se trouvait à ce moment au Maroc, accompagne Ali à Rabat pour légaliser des pièces administratives pour l'obtention du visa. Comme à l'accoutumée, dans ce genre de situation, les nombreuses tracasseries administratives font qu'à plusieurs reprises, ils retournent régler d'autres papiers qui manquent. Désespéré, Ali gaspille à chaque déplacement entre 5000 à 7000 dirhams.
Selon cet agriculteur, il a dépensé près de soixante mille dirhams entre la maladie du père, ses voyages à la capitale, les sorties et les dîners offerts en l'honneur de cette famille … Mais les mois passent et Ali ne reçoit aucune notification des autorités hollandaises. Il perd patience, devient nerveux, de mauvaise humeur et rouspète pour n'importe quoi. Ce n'est qu'après une année, que ce paysan reçoit la lettre attendue du Consulat hollandais avec le nom de Lhousein dessus.
Ce dernier l'accompagne à son rendez-vous et lui demande de raconter aux autorités hollandaises qu'ils se sont connus dans un mariage. Le fermier suit ses instructions croyant que son ami le cautionnerait jusqu'à son union avec la prétendue Hollandaise. En septembre 2002, notre Khénifri voyage à la ville de Deen Haag en Hollande avec Lhoucein et sa fiancée. Cette dernière lui voue dès le début une grande animosité qu'il ne comprend pas.
Trop souvent, elle lui répétait : " C'est à cause de toi que mon mariage a été retardé ". Débute alors pour lui, une vie difficile avec ses co-locataires qui lui recommandent de s'enfermer dans la maison et d'en connaître les moindres détails… Ali ne veut pas connaître les meubles et les ustensiles de la demeure mais plutôt rencontrer sa future femme. On lui raconte tantôt qu'elle est malade, tantôt qu'elle est en voyage. Un jour, son ami l'accompagne à la municipalité pour lui faire signer des papiers, prétendant qu'il s'agissait d'une simple formalité.
Après huit mois de " supplice", où on " oubliait " souvent de lui donner à manger, il quitte les lieux et cherche refuge dans la rue, dort sur les bancs des parcs et de jardins, etc. Après des semaines, il se lie d'amitié avec des membres de la communauté rifaine, qui l'aident à dénicher des petits métiers dans la clandestinité. Un jour, son ex locataire le contacte pour qu'il se présente au commissariat. Le 7 juillet 2002, il obtient une carte de séjour de trois semaines et attend près de 11 mois avant d'obtenir une résidence valide pour deux ans. Mais cette fois-ci, la police l'accompagne à la maison de Lhoucein, où Ali est supposé vivre. Elle le prie d'ouvrir la porte mais il n'a pas de clef.
Elle lui demande alors de leur montrer la cuisine, les assiettes qu'il utilise pour manger avec son ami, leur chambre à coucher, le lit où ils dorment, la couleur du slip de son " compagnon "… Ali s'énerve et ne comprend pas toutes ces questions indiscrètes. Les agents lui expliquent alors qu'il est courant d'interviewer les nouveaux couples mariés qui souhaitent légaliser leurs situations en Hollande. Etourdi, sous le choc, il n'en peut plus.
C'en est trop pour lui, il y a sans doute un malentendu: la police les aurait-elle confondus avec des gays ? Ce berbère du moyen Atlas a de grosses difficultés pour prononcer ce mot. Il sort de la maison et va s'asseoir sur un banc dans la rue. Dans le froid glacial de la ville, il comprend tardivement les silences, les regards, les doutes et les interrogations et la haine que lui voue la fiancée de Lhoucein…. " Je n'ai jamais entendu parler d'un homme qui obtient le visa en se mariant avec un autre ", assure-t-il. Ali va s'enquérir auprès du Consulat marocain, qui lui conseille de légaliser sa situation, pour porter plainte contre cette arnaque.
Aujourd'hui, de retour au Maroc, muni de sa carte de séjour, il souhaite se réinstaller de nouveau dans son pays, cultiver sa terre ou du moins ce qui en reste. " Je ne veux plus de ces papiers qui m'ont ouvert les portes de l'enfer et non de l'Eldorado ", confie Ali.
Tout son village connaît son histoire : Ali est blessé, il se sent diminué et sa dignité bafouée.
" C'est honteux. Ces gens ont bien ri de moi en me soutirant ainsi de l'argent ", affirme-t-il. Ce campagnard a déposé huit plaintes auprès du tribunal de première instance de Khénifra. " Je ne veux pas qu'une autre famille vive ce même calvaire. Ces hommes m'ont tué et m'ont sali", s'écrie-t-il.
Le procureur lui a demandé de ramener certaines preuves de la Hollande. Il repartira bientôt, décidé à " restituer son honneur ". La grande interrogation est : comment la justice marocaine va procéder dans ce contexte ?
ELLE EST VRAIMENT SUPERBE TON HISTOIRE
Merci Sana
Tu fait vivre le forum Merciii! lol
Tu fait vivre le forum Merciii! lol
merci outlaouch je te reconnais avec tes lunettes noirs
loool ué ta vu!!
cool
cool
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